
Après quelques mois d'absence ... Momo va reprendre du service.
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Amicalement
Momo
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Momo et le KousKous-Klan :
Quand on parle de couscous à un arabe, il faut savoir une chose. Instantanément, le goût de celui de sa mère remonte dans leurs papilles. C'est un peu comme les frites du Mc Do, à force d'en manger, on finit par croire qu'elles sont bonnes, non pas parce qu'elles le sont vraiment, mais par habitude. A la moindre frite, nous faisons une comparaison avec notre goût de "référence". Le pire pour le couscous, c'est qu'on puisse le cuisiner de mille et une façons. Cela ouvre de vastes possibilités d'expérimentations culinaires. Je ne compte plus le nombre de participations à des séances de test de recettes. Quand notre mère, car c'est d'elle dont il s'agit, nous demandait si c'était bon, il arrivait parfois que nous nous regardions d'un air désespéré en faisant semblant d'apprécier sa nouvelle tentative. Je dois admettre que nous avions beaucoup trop de respect pour elle, pour lui dire la vérité. Elle se prenait pour un cordon bleu et nous servait ses trouvailles plusieurs fois par mois. Je fais donc partie de cette longue lignée d'arabes qui ont été élevés au couscous. Après 24 ans de couscous-mania, je suis en cure de désintox et rechute une fois par mois.
Momo et Jean-Marie sont sur un bateau ...
Je ne comprends toujours pas pourquoi cette blague provoque autant de petits sourires et d'hilarité chez ceux qui me la racontent. Avec un prénom comme le mien, je me retrouve fréquemment dans beaucoup de blagues bien grasses et lourdes. Souvent, j'ai l'impression d'être le toto arabe. Toto, Momo, même combat? Je ne m'en plains pas car pour moi, tant qu'il y a du rire, il y a de l'espoir. Souvent, quand les gens que je fréquente, à part mes amis, me parlent d'arabes, ils emploient les mots : beurs, tunisiens, marocains, algériens. Bref, tout pour éviter de prononcer le mot tabou. Malheureusement, ça me met mal à l'aise car je sens avoir à faire à des personnes qui ne me traitent pas d'égal à égal. Cela m'amène à me poser la question de savoir si ces gens ont l'occasion de parler sincèrement à des arabes. J'ai appliqué depuis longtemps ce que Martin Luther King disait en parlant des "nègres". Selon lui, ses compatriotes devaient utiliser ce mot le plus souvent possible afin qu'il se vide de son sens. Cela m'a beaucoup aidé. N'ayez donc aucun remord à appeler un chat un chat. On peut donc parler d'arabes sans être raciste, c'est rassurant non?
Momo à Courchevelle :
Ayant gagné un concours, je me suis retrouvé un beau matin aux pieds des pistes de Courchevelle. Je n'avais jamais vu autant de neige de toute ma vie. J'étais tellement ébloui que je ne faisais pas attention aux têtes de carpes qui me regardaient passer comme si j'étais E.T. Il y a quinze ans, un arabe au ski, c'était un peu comme si Garcimore (paix à son âme) présentait le 20 heures sur TF1 ou France 2.
Après de nombreuses gamelles, j'aimerais vous en raconter l'un d'elle
Deux scènes :
La première : momo prenant confiance et essayant des gestes pour se sentir de plus en plus à l'aise jusqu'au moment où il rencontre une petite bosse.
La seconde : deux skis plantés à moitié dans ce monticule et rien autour … pas même momo.
Donc, après de nombreuses chutes qui durèrent 3 jours, je commençais à goûter aux plaisirs de la glisse. Me retrouvant dans une descente assez raide, il était temps pour moi de piquer un sprint. J'étais seul face au vent et glissait de plus en plus. Après une bonne minute j'atteignis ma vitesse maximum. Le froid me paralysait tellement le visage que je fus obligé de détourner plusieurs fois mon regard de la piste. C'est à ce moment qu'un petit bambin de 7/9 ans vint à mes cotés. Il n'avait pas de bâtons et me regardait comme s'il ne comprenait pas ce que j'essayais de faire. Le visage à moitié engourdi, au prix de gros efforts, je repris finalement une certaine contenance. A peine avais-je commencé à sourire qu'il piqua une pointe qui me fit l'effet d'avoir vu bip-bip car il me laissa quasiment sur place. Tel le coyote, je compris que mes efforts étaient vains. Cette douce sensation de vitesse n'avait duré que trente secondes et je devais m'en contenter.

Momo la classe:
Contrairement à beaucoup d'arabes, je n'ai jamais su draguer. J'étais même assez mauvais. A l'âge ou l'on découvre ses attributs, j'étais obnibulé par un seul type de femmes (brune à forte poitrine). J'en oubliais toutes les autres et passais, de ce fait, à coté de réelles occasions. Je n'avais pas d'approches précises et j'étais timide. Quand j'y repense, je draguais par procuration. Dès qu'un ami était dingue d'une nana, je lui donnais des conseils (moi!) et suivait son affaire avec sérieux. J'allais même jusqu'à lui demander un rapport quotidien et à l'analyser pour mieux l'aider. Je n'avais aucun talent particulier et ne cherchais pas à en avoir. Ma stratégie? Attendre qu'une belle brune fasse le premier pas et me drague. Autant dire que je l'attends toujours. Sans vouloir passer pour un dinosaure, j'ai l'impression que depuis 15 ans les choses ont bien changé. Les femmes n'ont, maintenant, aucun complexe à draguer ouvertement si nécessaire, mais je me trompe peut-être. Il y a longtemps, j'ai assisté à une scène horrible. J'étais dans un wagon du métro qui était plutôt calme. Nous étions deux, un clochard et moi-même. J'étais sur le point de changer de place tant son odeur était prenante. A cet instant les portes automatiques se sont ouvertes et une superbe brune à forte poitrine a fait son entrée. J'étais heureux car nous étions en été. Elle ne portait donc que le minimum syndical et ne m'a pas adressé, à mon grand désarroi, le moindre regard. Elle a commencé à parler au type qui puait l'alcool et la crasse. Elle s'est assise à ses cotés et à sympathisé. Le reste, je ne peux le raconter ici tellement j'ai été choqué. Disons qu'après ces scènes je n'avais plus aucune raison d'être timide avec les femmes.
Shabat Momo:
Au risque d'en étonner certains, je n'ai aucune forme d'animosité envers les juifs. J'ai même le sentiment de partager avec eux un passé commun. Une religion qui n'est pas si éloignée de l'islam. Bien évidemment, beaucoup d'ânes arabes et juifs ('bhiim' en arabe) vous diront que tout n'est pas aussi simple et patati et patata… Mon opinion est pourtant toute bête:
Nous sommes tous les enfants du même Dieu.
Je parle évidemment de l'Islam, du Judaïsme et de toutes les religions qui enseignent l'amour et la tolérance.
A la lumière de ces explications, vous me comprendrez peut-être un peu mieux. Je ne dis pas toutes ces choses pour remplir une page web, mais parce qu'elles font réellement partie de ma vie. Même les derniers événements en Israël ne changent rien à ma réelle affection envers ce peuple. Je forme le vœu qu'il finira d'une manière ou d'une autre par trouver la voix de la sagesse et de la paix auquel il a le droit autant que ses voisins.
Je suis évidemment ouvert à toutes discussions sur ce vaste sujet dans le respect des religions que j'ai évoqué.

Momo et sa mama:
Pour vous donner une bonne idée de ma mère, il vous faut imaginer le parfait mélange de madame Sarfati (d'Eli kakou) et de Luciana (des Cordiers Juges et Flics). Toujours présente sans en avoir l'air, c'est elle qui organise la vie de famille. Mon père n'est pas relégué en second plan pour autant. Il intervient dans l'essentiel des décisions. C'est une réelle concertation pour le bien de notre petit clan. Même après vingt-cinq ans, elle vous regarde comme si vous en aviez dix. Le jour où j'ai dû quitter le cocon familial, j'ai élaboré un long scénario comprenant des adieux à épisodes. Pendant deux mois il a fallu que je prépare ma mère psychologiquement (et moi par la même occasion). Je lui posais des questions sur sa jeunesse et sur son tout premier appartement. Les quatre mois suivants, mes questions devenaient de plus en plus précises. Jusqu'au jour où elle finit par me demander où je voulais en venir. Je lui ai répondu avec la plus grande douceur que j'allais partir pour voler de mes propres ailes. Ce que j'ai vu dans les yeux de ma mère ce jour là, à cet instant précis, je ne l'oublierai jamais.

Boulot, métro, Momo :
Voici quelques phrases que j'aimerais pouvoir dire à mon boss de temps en temps :
Pour les retards du matin :
- Tu n'as rien d'autre à faire que de me prendre la tête dès le matin? Va faire semblant de bosser dans ton bureau.
- Oublie-moi ce matin.
- Même si j'ai du retard, estime-toi heureux de ma présence.
Quand il s'énerve :
- Tu peux prendre toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, je m'en tape.
- J'ai raison, tu as tort.
- Tes gueulantes n'ont aucun effet sur moi. Va les pousser ailleurs.
- Si tu n'es pas content de mes services, tu n'as qu'à me virer, ça me fera des vacances et ça te coûtera moins cher.
- Personne n'est irremplaçable, pas même toi.
Quand il essaye d'être gentil :
- Tu n'as rien de mieux à faire? Pas de boulot urgent?
- T'es gentil, mais ton baratin, ça ne marche pas.
- Je ne savais pas que tu étais le roi de la blague.
Quand il glande :
- Vu ton salaire, ça fait cher la pause non?
Quand il devient moralisateur :
- Je suis ton employé, pas ton pote ni ton fils.
- Tu sais, je te regarde parler, mais je n'écoute pas … mais continue, ça te fait du bien apparemment.
Ouf! Enfin c'est dit. Il ne reste plus qu'à le placer...
Momo au pays des merveilles:
Je devais en être à mon troisième match de basket. Mes jambes me brûlaient, j'étais éreinté. La seule information que mon cerveau avait réussi à garder in extremis était des bribes du chemin de retour. Fatigué, je laissais mon meilleur ami guider ma douloureuse carcasse dans le labyrinthe de couloirs et d'escaliers que formait l'immense centre sportif dans lequel nous nous trouvions. Au bout d'un quart d'heure de marche épuisante, il finit par admettre du bout des lèvres que nous étions perdus. J'avais faim et me répétais de plus en plus :"mon royaume pour un verre d'eau". Au bout d'une dizaine de minutes alors que nous commencions à perdre espoir, nous sommes arrivés devant un palier de 3 portes. Nous poussâmes ensemble une double-porte coupe-feu. Le spectacle qui s'offrit à nos yeux nous figea pendant 5 secondes. Un banquet pour une cinquantaine de personnes était dressé sans aucune personne pour le surveiller. Il y avait de tout et à profusion : des bonbons, du jus d'orange, des gâteaux, des tartes, des pâtisseries, du chocolat, des cocktails … A chaque bouchée, nous mangions du paradis. Evidemment nous n'avons pas abusé de cette invitation inattendue. Ce jour-là, j'ai réalisé que la vie pouvait aussi nous réserver de grands bonheurs.

Momo parle à Bernardo :
Depuis ma rencontre avec Francis, un sourd-muet de naissance, j'ai beaucoup d'affection pour les malentendants. Il m'est arrivé une fois de l'appeler alors qu'il était de dos. J'ai alors compris que je ne le considérais plus comme un "handicapé" et ma réaction m'a vraiment fait plaisir. Il n'est pas plus, ni moins intelligent que d'autres de mes amis, c'est Françis, en toute simplicité. Quand je le présente à d'autres relations, ils ont souvent le même type de réaction que j'ai décrit dans "Mohamed et Jean-Marie sont sur un bateau" vis-à-vis des Arabes. Encore une fois, je crois que c'est une erreur. Pour briser la glace, j'annonce haut et fort que Françis est la plus grande pipelette de tous les temps. Il est le premier à en rire. A travers le rire, il aime faire sentir aux autres qu'il est "normal". Je vous passe les blagues où il répond au téléphone et me tend le combiné en me disant : "c'est pour toi". Il me dit qu'il va souvent à des concerts, et qu'il adore les vibrations qui s'en dégagent. Un autre monde s'ouvre à moi. Puis vient la fin de la soirée tout le monde se quitte et Francis me fait de loin un grand signe voulant dire "on s'appelle".
Momo président:
Sans faire de politique, j'adore la phrase : "un Arabe est forcément de gauche" car je pense qu'elle est n'est plus d'actualité depuis un bon moment. Comme tous les Français, les Arabes ont des doutes et cherchent des solutions. Comme tous les Français, ils en ont marre des guéguerres politico-politiciennes qui ne changent rien à leur quotidien. Depuis le 11 septembre, notre communauté est en situation délicate car terroriste égale arabe. Depuis quelques années aussi, délinquance égale Arabe. Pour moi, et pour beaucoup, il assez pénible de passer mon temps à faire comprendre que le 11 septembre j'étais américain, que la délinquance doit être éradiquée Arabe ou pas. Comme le dit Sarko : "un voyou reste un voyou", je partage cette opinion. Attention, je ne fais ni l'apologie de la droite, ni celle de la gauche. J'essaye de comprendre. Dire que les clivages politiques n'ont pas d'importance c'est être inconscient et amnésique. Un exemple parmi tant d'autres : pourquoi M. Jospin, n'a dit à aucun moment, je ne l'ai pas entendu dire clairement : "il faut voter Chirac!". A la place nous avons eu le droit à un modèle de phrase alambiquée. C'est dégueulasse. Pour la droite ce n'est pas plus reluisant. Comme il l'a bien compris, nous jugerons le gouvernement sur ses actes et non sur ses promesses. Que penser de l'une des premières mesures qui a consisté à augmenter tous les ministres de 70%. Aucune mesure d'extrême urgence n'a encore été votée qu'ils s'en mettent déjà pleins les fouilles. Il y aurait du foutage de gueule que ça ne m'étonnerait pas. Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous, citoyens, ayons confiance en ceux qui nous gouvernent? Pour toutes ces raisons votez pour moi. Voici les 10 mesures de mon programme présidentiel :
1 - Nouvel impôt sur la connerie humaine. Cela devrait renflouer les caisses un bon siècle.
2 - Cours de politesse renforcée et obligatoire jusqu'à 16 ans avec examen de passage et obligation d'avoir lu une centaine de livres.
3 - Offrir aux clochards et SDF un boulot dans les centres de détention des jeunes délinquants. Ils auraient le gîte, le couvert et surtout un travail qui leur permettrait de se rendre utile en partageant leur expérience.
4 - Création d'une chaîne d'information qui n'annoncerait que de bonnes nouvelles.
Mesure réalisée par Karl Zero et son JBN (Journal des bonnes nouvelles)
5 - Réduction de 20% de l'impôt sur le revenu si présence de 30 signatures sur la déclaration. Même si les raisons ne sont pas nobles, cela pousserait les gens à aller les uns vers les autres, à se parler, à se connaître.
6 - Péage gratuit en juillet et août.
7 - Prélèvement d'un euro sur tous les salaires pour la création d'une loterie nationale qui tous les mois ferait gagner 2000€ à 15 000 chômeurs de longue durée. Opération :"1€ pour une chance".
8 - A tous les jeunes diplômés bac +2, l'Etat offrira un voyage de deux ans dans 10 pays du monde. Imaginez l'apport de cette jeunesse, qui après avoir fait le tour du monde, reviendrait travailler en France!
9 - Infliger à tous les jeunes qui glandent dans les halls d'immeubles ou commettent des incivilités de grosses amendes avec la possibilité de les annuler en passant 20 heures dans une bibliothèque, un centre sportif ou tout autre organisme de ce type.
10 - Réduction de 50 % sur toutes les couscoussière en inox, si j'étais toi .. j'achète! (tiré d'un sketch de Smaïn)
Comment? Les élections sont terminées? C'est étrange, pour le moment, rien n'a vraiment changé non?
Dans l'intérêt de la France, et avec l'aide de Léa, j'ai constitué mon gouvernement. En voici la liste :
Président : Momo
Premier Ministre : Alain Chabat
Porte-Parole : Mimi Maty
Ministre de l’Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales : Albator
Ministre des Affaires Sociales, du travail et de la solidarité : Jean Marie Bigard
Garde des Sceaux - Ministre de la Justice : Joe Star
Ministre des Affaires Etrangères : Djamel Debouse et son Anglais
Ministre de la Défense : Goldorak
Ministre de l’Education nationale : Eli Kakou
Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie : Garcimore
Ministre de l’Ecologie et du Développement durable : Pierre Richard
Ministre de la Santé, et des Personnes Handicapées : Eli Semoun
Ministre de la Jeunesse : Casimir
Ministre de la Fonction Publique et de l’Aménagement et du Territoire : Passe partout (de Fort Boyart)
Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales : Fernandel
Ministre de la Culture et de la Communication : Doc Gényco
Ministre de l’Outre-Mer : Henri Salvador
Ministre des Sports : Louis de Funes
Je demande officiellement à toute personne pouvant contacter tous ces futurs ministres ou leurs représentants légaux leur accord de principe à la participation de ce gouvernement d'utilité public.
Momo Disco :
Entrer en discothèque c'est dur. Le faire quand on est arabe et sans nana cela relève de la quatrième dimension. Vous êtes dans la file qui mène au paradis. Les 15 personnes devant vous passe sans aucun problème. Il y une fille pour trois mecs mais ça passe. Vient votre tour. Un grand black de 2 mètres 50 vous regarde droit dans les yeux. Vous n'êtes pas homo mais l'espace d'un instant vous essayez de le séduire.
- Le videur : Bonsoir monsieur
- Bonsoir monsieur
- Avez-vous votre carte de membre?
- La carte? Quelle carte? C'est un club ici?
- Oui monsieur, vous être dans un club privé!
- Je l'ignorais, non je n'ai pas ma carte.
- Malheureusement je ne peux vous faire rentrer, l'accès est réservé uniquement aux membres, désolé.
- Je comprends. Permettez une question?
- Oui?
- Comment devient-on membre?
- Il faut entrer et s'inscrire.
- …
Comme une tempête qui se lève à heure fixe, j'aime m'imaginer que cette conversation a lieu, tous les samedis à partir de 23h.
Heureusement tous les videurs ne sont pas aussi bornés, il m'est même arrivé de rentrer en Discothèque. A chaque fois, dès que je dépassais le gardien du temple, je le regardais plein de gratitude. J'étais tellement euphorique que le prix de l'entrée ne devenait plus un problème. C'est con l'être humain non?
Momo le Ouf
La banlieue, c'est pas rose, la banlieue c'est morose! J'habite dans la téci Leclerc. J'sais pas ce qu'il à fait ce Leclerc, mais je trouve ça un peu chelou qu'on donne un nom de général pour une cité dortoir. Ici, tout le monde tire la tronche. Les sourires, ils ne les gardent que pour les grandes occasions (va savoir lesquelles?). L'autre jour, j'ai fait une connerie, j'ai demandé l'heure à une vielle. Elle m'a répondue mais j'ai bien vu qu'elle flippait sa race. Je ne sais pas ce qu'elle avait dans son sac, mais elle s'y accrochait. Comme je ne suis pas un bouffon, je me dis que ça que toutes ces embrouilles finiront par passer. Mais la seule chose qui passe ici c'est un bus et encore, il n'est jamais à l'heure. Lui aussi il flippe. Quand il m'arrive d'aller faire les courses avec ma reum, le vigile me suit à la trace. Je n'ai jamais rien volé de ma vie, mais quand je vois ça, j'aime faire semblant de planquer un truc dans mon slip. Faut bien l'occuper cette pauv' bête.
Momo chez les Anglishs :
One day, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai décidé d'aller en Angleterre (what fool I am?). J'avais à l'époque 8 années d'apprentissage d'anglais scolaire dans mes bagages et aucune idée de ce que j'étais sur le point de faire. Ayant passé tout le voyage à réviser mon vocabulaire, je m'essayais à des dialogues improbables et des situations impossibles. Arrivé at the Victoria Station, je me décidais à avoir mon premier contact with the anglophone world. I do the queue during dix bonnes minutes for parler avec une hôtesse d'accueil. J'allais lui poser une question lorsqu'elle se mit à parler. Ce que j'entendais, n'avait rien en commun avec mes cours. She speaking too vite for me. La situation devenait critique car je ne comprenais RIEN, mais alors NOTHING AT ALL des mots que sa bouche prononçait. "Mmmoui at the fillll foooo thi and I miss ooff ?" répétat-elle avec un air de plus en plus excédé car il y avait derrière moi des gens qui parlaient mieux anglais et qui attendaient. Un petit smile à la Harisson Ford n'y changerait rien. Perplexe, j'ai balbutié un "Thank You" with a french accent et me suis retiré. Motivé (comment ne pas l'être dans une situation si désespéré), je décidais de demander de l'aide à un passant. Aucun ne parlait véritablement français, ils marchaient trop vite. A ce moment, j'eus comme un flash-back et me revoyais baragouiner à des anglais perdus dans Paris, des explications qui n'arrangeraient rien à leur situation, au contraire. Au bout de trente minutes je ne trouvais toujours pas un seul pékin parlant ma langue. Une vielle femme dotée d'un gabarit méditerranéen se dirigea vers moi. Il faut vous dire que je parle à peine mieux l'arabe que l'anglais. Je me vis donc parler en arabe à Victoria Station. Au bout de five days, c'est devant une marmelade rose fluo qui remuait comme une vache folle que je décidais de rentrer à Paris.
Momo à la ferme:
Un coq me réveille, il est presque 5h, durant une fraction de seconde je me demande si je n'ai pas rêvé et m'apprête à replonger dans un profond sommeil mais un autre cocorico me rappelle à l'ordre. Peu à peu tout me revient, l'arrivée tardive hier soir dans cette chambre d'hôte en plein milieu d'une ferme. Curieux comme une pie j'essaie de repérer de ma fenêtre ce coq afin de lui balancer une chaussure bien méritée sur le bec. Le spectacle du lever de soleil m'arrêta net. Un mélange de bleu roi et de jaune orangé grimait le ciel comme ceux des tableaux de Van Gogh. Un brin de soleil vint me dire bonjour en m'effleurant l'épaule. Le charme fut rompu par un "Hé Rosi! J'vais chez le père Michel et j'reviens m'occuper de Bertha.". Parlait-il à sa femme de leur vache ou le contraire? J'arrivais dans la cuisine vers 6h et cela n'eu pas l'air d'étonner la maîtresse de maison. Son visage était comme son tablier, usé par les cuissons. Massive, imposante, je comprenais que je ne devais pas trop la brusquer ni la contrarier si je voulais déjeuner. Je commençais par un sourire aussi naturel que possible en lançant un amical :"bonjour Rosi". En même temps, je serrais les doigts pour que ce soit bien son prénom, je tenais à déjeuner. "Bonjour" me répondit-elle avec une amabilité dont je n'étais plus habitué. La journée fut légère et très agréable. Les discussions avec Robert (le mari de Rosi) furent intéressantes et cocasses.
- Vous habitez ici depuis longtemps?
- Depuis trois siècles! (rire gras et inimitable) …
Comment résister? Ils ont un mode de vie simple mais pas simpliste. Les piailleries urbaines constituent un vivier de blagues inépuisable car leur humour est souvent basé sur des détails d'une justesse surprenante. En leur compagnie on a l'impression que temps prend une autre dimension. Ce que j'adore chez eux c'est qu'ils n'éludent aucune question. Vivement mon prochain voyage à la ferme!

Momo, t'y es beau mon fils! :
Un petit garçon à sa maman :
Dis maman, mes copains ne jouent plus avec moi. Ils disent qu'eux et leurs parents sont du EFFAINE. Maman tu m'inscriras à ce club pour que je puisse jouer avec eux? Mes copains sont bêtes, mais je les aime bien.
Dis maman, pourquoi tu nous fais du couscous tous les jours? J'aime bien ça mais un jour je risque de dire que j'en ai trop mangé quand j'étais petit.
Dis maman, j'ai fait un bisou à une copine, elle a mis ses mains sur son visage en disant qu'elle avait la ZIDA. Ca veux dire qu'elle est mon amoureuse?
Dis maman, pourquoi c'est toujours toi qui me lit des histoires et jamais papa? Il n'aime pas lire?
Dis maman, c'est quoi bougnoule? J'ai un copain qui m'appelle comme ça.
Dis maman, pourquoi les noirs sont noirs?
Dis maman, pourquoi on m'appelle Ben Laden à l'école?
Dis maman, c'est quand la saison des sourires? Tous les gens sont tristes.
Dis maman, c'est quoi juif? Ma chérie m'a dit qu'on ne pouvait plus être ensemble parce-qu'elle était juive. Pourquoi? Moi je l'aime Sarah.
Merguez-party chez Momo:
Momo : J'aimerais que l'on passe à un sujet très sérieux : Popstar. Que pensez-vous de cette émission?
Sylvie : Rire .. c'est de la merde.
Martine : (suffoquée) Et pourquoi ça?
Sylvie : Je n'appelle pas ça de la musique, pour moi c'est du préfabriqué, c'est insipide.
Béatrice : Moi j'aime bien Popstar, c'est marrant et je trouve que ceux qui auditionnent sont très courageux. Tu as déjà regardé un épisode entier?
Sylvie : Non, mais c'est de la merde quand même.
Tarek : Je suis d'accord, tu ne peux tout de même pas comparer ça à de grands artistes comme par exemple Johnny.
Martine : Tarek, on sait bien que pour toi, tout ce qui est en dehors de Johnny c'est de la merde.
Tarek : Pourquoi dis-tu ça? Ce n'est pas vrai, son fils aussi chante bien!
- Rire général -
Sylvie : Tarek a raison tu ne peux pas comparer ce groupe de merde à des grosses pointures comme Johnny (clin d'œil à Tarek), Cabrel et les autres?
Momo : Et pourquoi pas?
Sylvie : Les uns sont des artistes et les autres des interprètes.
Momo : Sans vouloir blesser Tarek, Johnny est un interprète, pas un artiste.
Tarek : Ha non, je ..
Martine : Je ne comprends pas cette mentalité. C'est peut-être smart de dénigrer ce qui est populaire, mais sans pouvoir argumenter convenablement je trouve ça cul cul.
Tarek : Oui mais …
Sandy : Avoues tout de même que ce n'est pas jojo Popstar?
Momo : Tout le monde est libre d'aimer ou pas. Je dis simplement que cette émission donne une idée plus juste du travail qui se cache derrière cette profession. Je comprends mieux certaines choses.
Jeremy : On pourrait changer de sujet ça commence à me prendre la tête de parler de baltringues avec des voix à 2 balles.
Martine : Arrête Jeremy, c'est toi la baltringue (rire)
Tarek : Il paraît que l'année prochaine Johnny fera partit du jury.
- Gros silence -
Momo for ever :
Avec ma gueule de merguez, j'ai un mal fou à m'imposer dans la vie. J'ai beau essayer de m'endurcir, mais rien n'y fait. A une époque, pas si lointaine, je me donnais de petites missions pour essayer d'avoir le caractère d'un bon Parisien de base : pressé, stressé, râleur et aimable comme une porte de prison. L'une des premières d'entre-elles consistait à arrêter de sourire à tout bout de champ. Je réservai mon sourire que pour de réelles occasions : enterrements (non je déconne), mariages ou blagues d'un collègue (et encore pas toutes), autant dire jamais. Je me souviens avoir foiré ma mission dix minutes à peine après l'avoir commencée. En sortant de chez le boulanger, j'ai retenu la porte qui allait se refermer sur une dame d'un certain âge. Pour me remercier, elle me gratifia d'un sourire suffisamment prononcé pour que je "craque" et le lui rende. Autre mission, autre échec : râler pour un rien. L'occasion s'est vite présenter au guichet d'une BNP. Queue interminable et une seule personne au guichet. Avant que je n'ouvre la bouche, un monsieur corpulent me coupa ma tirade. Quand je vis tous les regards se braquer sur lui, je me suis demandé si je n'étais pas un peu dingue. Il faut s'assumer et c'est ce que j'ai essayé de faire. J'ai pris conscience qu'on profiterait toujours de ma gentillesse et que certaines personnes prendraient cela pour de la faiblesse mais maintenant je m'en moque. On ne se refait pas.

Raconte nous une histoire Momo :
Momo et Mamadou sont assis dans le hall d'un immeuble :
- Dis Momo, tu les comprends les français ?
- Les français ? Je suis français.
- Oui moi-aussi … tu ne vois pas ce que je veux dire ?
- Non pas vraiment.
- Ben oui tu sais, quand j'allume la télé je ne vois que des blancs, les français quoi !
- C'est une branche ou il y a du fric, et quand il y a du fric …. Mais, tu n'as pas besoin d'allumer la télé pour voir des français, tu en rencontres tous les jours et pour moi c'est eux la France.
- Tu sais, malgré mon BTS, on me propose souvent des postes pour faire du ménage.
- Il faut dire que tu as un nom qui sonne bien pour ça : mamadou Konaté … non je rigole..
- C'est comme si on te proposait que des postes d'épiciers.
- Ça va, ça va j'ai compris.
- Liberté, égalité, fraternité …. Je trouve que ça sonne faux non ?
- Moi, Je ne sais même plus ce que cela veut dire. Je suis gentil avec tout le monde, mais je crois que la gentillesse, ça ne paie pas !
- L'autre jour, j'ai fais une 'expérience' avec des sociétés qui ont refusé de me recevoir sans même me donner ma chance. Quand je disais : 'je m'appelle Mamadou Konaté', les gens au bout du fil avait l'air ennuyé pour moi comme si je leur annonçais que j'avais une maladie, ils prenaient un ton navré et me souhaitait bonne chance sans donner suite à mon appel.
- Que veux-tu ces gens s'imaginent que pour nous la France d'en bas, c'est la France d'en haut.
- … C'est alors que j'ai décidé de me faire passer pour Charles-Henry de Méricourt. Tu le connais ?
- Non ça ne me dis rien.
- C'est normal moi non plus ! Par contre ce Charles Henry à plus de chance que moi car sur les 10 appels que j'ai passé, 7 sociétés ont accepté de le rencontrer. 70% de réussite, tu te rends compte ?
- (Sourire) et alors ?
- Je me suis rendu à 5 de ces entretiens.
- Tu charries ? T'es dingue ?
- Non, juste désespéré.
- Ouai mais là t'abuse !
- C'est un peu comme en boîte, tu te manges 10 râteaux et la 11e te dis oui.
- (rire)
- Sur les 5 entretiens, 3 ont refusés de me voir, un m'a donné ma chance et un autre a trouver ma démarche audacieuse et m'a embauché.
- Pour toi quelle est la morale de tout ça ?
- Qu'il ne faut jamais baisser les bras...surtout quand tu t'appelles mamadou Konaté.
Couscous Story I:
- Mais c'est qui ce mec?
- Je crois qu'il s'appelle Momo ...
- Il a l'air d'un abruti tu ne trouves pas ?
- Non pas vraiment, j'ai plutôt l'impression qu'il ne se sent plus.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce qu'il a un site internet... il doit se prendre pour une star..
- Un site internet ?
- Un journal intime d'un Arabe qui se balade dans Paris et qui adore tintin ...un truc dans le genre ... enfin tu vois l'oiseau!
- Rassure-moi, il ne va tout de même pas travailler avec nous?
- Pas avec nous directement, n'aie pas peur, mais il a déjà été embauché, sans même un entretien d'embauche, tu le crois?
- Il a dû coucher ... c'est pas possible autrement! Je comprends maintenant la démarche de canard du patron...
(rire)
- Arrête tes conneries, j'ai cru comprendre qu'il tiendrait une rubrique dans notre magazine.
- Laquelle?
- C'est la question à 100 balles! enfin à 15 euros.
- C'est bizarre, j'ai l'impression qu'il se dirige dans notre direction...
- Avec tes conneries tu vas nous apporter la shkoumoune...
- C'est pas vrai, elle insiste la merguez! Il se rapproche!
- Tu vois pas que l'on soit obligé de travailler avec lui quand même?
- Méééééé non ... et puis tu sais bien que j'ai horreur des Arabes ... je ne le supporterais pas! Si on me l'impose ce sera lui ou moi...
- Moi c'est pareil, tu le sais...je dirais même ces quatre vérités au patron dès sa présentation.
- On va pas s'laisser mener à la baguette par les Arabes non? ... sans blaaaaaague........Meeeeerde
- Mais il se rapproche de plus en plus .... Il est tout prêt... faisons semblant de travailler .. On a de la visite..
(le patron entre dans leur bureau)
- Bonjours messieurs .. Comme vous vous en doutiez, je vous présente Mohamed Bachibouzouk, votre nouveau collaborateur... Momo, je vous présente Etienne Leglang et Thierry Verge deux de nos meilleurs éléments.. vous allez bien vous entendre ...
- Patron?
- Oui Etienne..
- Je ne peux pas..
- Vous ne pouvez pas quoi ?
- Accepter de travailler avec Monsieur ...
- Et pourquoi ?
- ... c'est trop d'honneur que vous nous faites... Monsieur est célèbre je crois? Nous ne sommes que de petits journalistes de paille.
- Et modestes avec ça... Vous voyez Mohamed, la crème du journal est dans ce bureau ... mais ne vous en faites pas Etienne, Mohamed n'a pas la grosse tête...
- Momo : on pi même dire dans mon cas le "melon"
(momo est pris d'un fou-rire de sa blague dont il est le seul à rire)
- Vous voyez! Ce sera tout?
- ...
- Je prends ça pour un oui. Comme je tiens à ce que Mohamed ..
- Appellez-moi Momo, ji vous en prie..
- Je tiens à ce que Momo, s'intègre très rapidement à notre équipe à midi je vous offre trois heures et un bon repas aux frais du journal pour faire connaissance. A tout à l'heure messieurs.
(il quitte le bureau)
Gros silence ..
- Alors Momo, vous voilà un membre à part entière de notre rédaction. Bienvenu!
- Ji suis très content .. . mais on peut se titoyer?
- pas de problème ...au contraire ..
- C'est que j'ai un p'tit accent qui chante le soleil ... ça gazouille sec, j'y n'arrive pas à l'enlever...
- On va y travailler ..... Non j'déconne (tape dans le dos), mais nous ne l'avions pas remarqué .. hein Etienne ?
- Noooooonnnnnnnn
Couscous Story 2 :
Le temps a fait son oeuvre et nous retrouvons nos "compères" quelques semaines plus tard...
Ce matin là, le patron déboule dans leur bureau et hurle :
"Etienne, Thierry et Momo! Dans mon bureau !"
Il claque la porte, ne leur laissant pas même le temps de lui dire bonjour.
Un ange passe.
- Thierry : Il avait l'air énervé ou c'est moi ?
- Momo : J'y ti confirme. Il est tri tri inervi.
- Etienne : Je suis sûr que c'est pour l'article de Momo sur le port du foulard dans les salles de musculation.
- Momo : Les foulards ci joli. Ji trouve que ça manque di joie dans li salles. Ci pas ma faute quand même?
- Thierry : Bon les filles, arrêtez vos gérémiades! Ils faut se serrer les coudes là!
- Momo : moi ji sers rien du tout ... la main oui, mi pas li coudes!
- Thierry : Pfff ... là, t'es lourd Momo! C'est une expression. T'es journaliste à temps partiel ou quoi? Toi parler français?
- Etienne : Thierry!
- Momo : (fâché) Ji vous laisse car j'ai la boule!
- Thierry : la quoi ?
- La boule quoi ... ji suis comme li PiDiGi ..j'ai li nerfs ..
- Haaaa t'as les boules Raoul?
Momo s'éclipse ...
- Etienne : T'es malade ou quoi ?
- Thierry : Ce n'est rien je déconne!
- Je n'apprécie pas tes plaisanteries, tu vas nous attirer des ennuis.
- Je te dis que ce n'est rien. Ce n'est qu'un Arabe ...
- Un Arabe oui, mais c'est aussi un collègue qui travaille avec nous tous les jours!
- Et alors? T'aimes les Arabes toi maintenant ?
- C'est bien ce que je te dis ... ti malade toi!
- Ti vois! Ti commences même à parler comme lui!
...
Etienne rattrape Momo dans le couloir laissant Thierry à son nouvel accent.
- Momo! T'as fini d'avoir la boule?
- Ji encore un p'tit peu là!
- Où ça?
Momo montre du doigt son cou.
- Là!
- Comment ti trouves la manière dont Thierry mi parle ?
- Je n'ai pas fait attention ... pourquoi ?
- Il mi regarde comme si ... il ni mimi pas!
- Au contraire, je crois qu'il t'aime bien ... mais à sa façon.
Momo lui confie dans le creux de l'oreille :
- Ji l'impression qu'il n'aime pas lis Arabes!
- Je ne veux pas être méchant, mais beaucoup de monde n'aime pas les Arabes, Momo. Malheureusement ce n'est pas un crime.
- Ji sais bien qui ji ni peut pas plaire à tout le monde. Mais heureusiment qui y a di gens comme toi! Ci rassurant!
Momo et la Starcacademy :
Je n'ai pas été surpris du résultat de la finale de Star Academy diffusée en direct le Samedi 21 décembre 2002 sur TF1. En regardant de plus près les QG de Houcine (mon préféré) et de Nolwenn (ma préférée), j'ai noté comme un léger décalage. L'ambiance au fief d'Houcine ressemblait (pardon Houcine) à une réunion devant la cité des 4000. Il y avait en tout et pour tout une cinquantaine de personnes. Au fief de Olwenn l'ambiance était chaude, plus de 1000 fans (à la louche) dans une magnifique salle dotée d'une scène comprenant des effets de lumière, un présentateur pour l'occasion (en un mot : la totale). Avez-vous fait attention à ce qu'a dit la 'correspondante' de Nikos à la fin de son intervention ? Elle a dit : " A tout à l'heure ! ". D'un coté nous avions un pauv'gars complètement paumé en banlieue (c'est l'impression que cela donnait) et de l'autre une animatrice pétillante et mignone comme un coeur dans une ville dynamique et prête à faire la fête dans un bon esprit.
A ce moment de la partie, alors qu'aucun résultat n'a été communiqué, je vous pose une question simple : " Qui a le plus de chance de gagner? ".
Je ne forme aucune accusation, mais j'ai de grosse présomption. Si tel était le cas, il y aura peut-être d'ici quelques semaine une affaire "Star Academy ". Suis-je le seul a avoir remarqué ses détails ? En tout état de cause, je vous avouerai sincèrement n'avoir regardé que la dernière demie-heure de la finale. J'ai été déçu car j'aimais bien la bouille d'Houcine.
Momo le crapaud :
Avec mon physique de merguez,
et ma tête de banane flambée, il m'a fallut très tôt me faire à cette idée : je
ne suis pas beau. J'aurai aimé naître avec une brushing à la John Travolta et un
regard aussi pénétrant que celui d'Harrison Ford, mais ça n'a pas été le cas. A
qui la faute ? Comme beaucoup, je ne peux, malheureusement, porter plainte
contre mes parents. Pourtant le préjudice est réel. Un jour en classe de 5eme,
une fille avec qui personne ne voulait sortir, m'a fait des avances pendant un
cours. Tout le monde a ri devant mon refus. J'ai même entendu un copain me
lancer 'accepte pour une fois qu'on te propose !'. Un autre jour, un 'ami' me
casse tellement la gueule qu'à un moment, j'ai vraiment cru qu'il essayais de me
l'arranger. L'insulte qui blesse vraiment c'est 'T'es pas fini ou quoi ?'. On
plaisante on se marre, mais au fond de nous on se demande : 'et si c'était vrai
?'. Alors on se console comme on peut, on essai de compenser par tout les
moyens, de faire rire ses amis, ses lecteurs … ça aide. Quand on grandi c'est
plus subtile, on nous explique que nous sommes tous éégaux et patati et patata.
Pour moi, certains le sont plus que d'autres.

Momo la fripouille :
La scène commence par un accident impliquant une Peugeot 405 et une Mercedes.
- La femme (sortant de la Mercedes) : Monsieur, je vais être franche avec vous, j'étais au téléphone ..
- Le monsieur (sortant affolé de la 405) : Qu'est j'en ai à foutre de ti télephone ? Ma Pigeo toute neuve est déglingui. Elle est fouti maintenant!
- Attendez je vous ai juste éraflé l'aile avant droite. Mais ne vous inquiétez pas, je prends toutes les réparations à ma charge.
- T'y me prends pour un con? Moi j'y connais toute la loie et j'y parle le fransesse aussi bien que toi madame chipasquoi.
- Je vous en prie, pas de familiarité s'il vous plaît.
- Pirquoi tu veux que ma famille soit accidenti de la route aussi comme moi maintenant ? Tu cherches les noisettes ?
- Non, non, je ne cherche pas les noisettes, monsieur, je vous en prie….Monsieur ?
- Monsieur Mohamed Ben Lharouahlidhalimbaldi ici présent.
- …
- Et ha qui ai-je l'honnir de parler ?
- Madame Oumouk .. Nadine Oumouk
- J'y te niquer ta caisse ispice de connasse. Naaadiine Oumouk toi-même ya bagra* (grosse vache)
- Il suffit. Monsieur l'agent? (elle interpelle un policier) je vous demande d'intervenir officiellement auprès de ce palfrenier sarasin.
- L'agent : Calmez-vous monsieur
- T'as entendu, j'ai pas rivé .. révi … viri ? (silence) …. j'ai pas révé … elle insulte ma mère et me trâite de visage pâle, j'vais la niker monsieur l'agent, j'vais lui apprendre à parler avec la langue.
- Cher ami, calmez-vous, avec quoi voulez-vous que je parle ?
- Elle a raison … monsieur ?
- Monsieur Ben Lharouahlidhalimbaldi lui même … et vous ? Comment vous appelez-vous ?
- C'est moi qui pose les questions, si cela ne vous fait rien …
- (réalisant qu'il parle à un agent) : Mais monsieur le flic, c'est pas gentil qu'est-ce qui l'a fait la connasse là …
Black Momo :
La scène se passe à l'entrée d'un centre commercial carrefour :
- Salut mofana !
- Salut momo (avec un fort accent africain et un large sourire) !
- Tu es vigile chez carrefour maintenant ?
- Disons que je n'ai rien trouvé d'autre.
- Comment vont tes parent ?
- Ils sont contents, surtout mon père : il est vigile chez virgin.
- Et que devient ton frêre ?
- Vigile à la fnac d'Opéra !
- Rire … ça devient une histoire de famille..Ton travail te plaît ?
- Je suis payer à observer les gens et certains sont incroyable. J'en ai vu amenant leur chien pour leur faire goûter les croquettes. Tu n'as pas idée de ce qui ce passe ici !
- Raconte ... quoi d'autre ?
- Une fois une dame assez forte s'est mise à crier comme une dingue au rayon des salades.
- C'est peut-être en voyant le prix non ?
- (demi-sourire) ... une autre fois un voleur a déclenché une course poursuite en plein magasin C'était dingue, il nous a fait courir dans tous les sens cet idiot.
- Mais tu ne trouves pas bizarre que toute ta famille soit aussi impliquée dans ce boulot ?
- (l'air perplexe) que veux-tu c'est la vie !
- C'est surtout la tienne !
- (un peu vexé) quand tu n'as pas de diplôme ici (en banlieue), tu ne peux être que footballeur ou vigile.
- N'importe quoi … il y a aussi basketteur, laveur de vitre, homme de ménage, cuisinier chez McDo…
- …(l'air un peu abasourdi)
- Excuse moi fofana, je ne peux m'empêcher de donner des leçons alors que je ne suis que moi-meême pizza-man.
- Ho ce n'est rien ... je sais que tu déconnes, je te connaît depuis longtemps maintenant.
- Pour me faire pardonner, je vais organiser une couscous-partie samedi prochain et tu seras ma guest star, ça te va ?
- Je croyais que tu n'aimais plus le couscous ?
- Juste le minimum légal !
- A samedi momo (grand sourire).
Bouge de là Momo :
Recommencer une nouvelle vie sur un coup de tête ? Pas besoin d'être un arabe pour avoir ce type d'envie. Cette idée revient me titiller aussi régulièrement qu'une vague. Quand tout va mal on se dit (lâchement) que la fuite arrangerait bien des problèmes. Loin des emmerdes et de cette mentalité parisienne si particulière qui devient oppressante. A mon échelle, j'ai l'impression que tous nos rapports humains sont de plus en plus axé sur le fric. Pas de blé, pas de vie. Je reviens d'un pays où avec 500F on peut faire vivre une famille de 3 personnes pendant deux semaines. Où allons nous ? Je ne sais pas, mais on y va tout droit. J'aimerais faire quelque chose pour que cela change, mais je ne suis qu'un petit arabe noyé dans la masse. C'est dur l'impuissance.
On a recruté Momo :
La scène se passe dans une salle de réunion parisienne, 5 candidats se regardent dans le blanc des yeux. Pas un bruit, tout le monde attends. Un jeune homme efféminé, d'une vingtaine d'année entre dans la salle :
- Bon les enfants, la récré c'est terminé ! Je me présente, je suis votre formateur en télévente, je m'appelle Thierry. Avant de commencer, vous allez vous présenter un à un.
- Bonjour je m'appelle Julie, j'ai 28 ans et je suis une ancienne strip-teaseuse.
- Bonjour je m'appelle Stéphane et j'ai 20 ans, je sors du service militaire.
- B'jour moi c'est lulu j'étais imprimeur la semaine dernière … et j'ai 38 ans.
- Bonjour à tous je m'appelle Tim Robert Cook, j'ai 45 ans et je reviens de Thaillande. Ce pays est immense et j'ai eu la chance de rencontrer des gens merveilleux. Comme vous le savez ce pays n'a pas eu …
- Moi c'est Mohamed Bachibouzouk, vous pouvez m'appeler Momo j'ai 32 ans et j'ai eu un journal sur internet.
- Au nom de Make Téléphonique, je vous souhaite la bienvenue à ce premier stage de formation. Vous avez tous répondus à une offre d'emploi et ceci est notre premier rendez-vous. Je vais vous expliquer comment fonctionne notre société. … des questions ?
- ???
- Très bien je vois que j'ai affaire à des lumières aujourd'hui … passons … tout d'abord qui a de l'expérience en tant que télévendeur ?
- …
- C'est pas gagné..
- Stéphane se lève : Puis-je prendre la parole Thierry ?
- Un peu surpris : oui je t'en pris.
- J'ai tenu le standard de ma caserne es-ce que cela compte ?
- Non pas vraiment, je suis désolé, si tu t'es levé pour sortir une ânerie pareille, tu peux te rasseoir.
- Julie : moi j'ai fait du téléphone rose …. (elle prends un air songeur puis un petit sourire s'esquisse sur ses lèvres).
- Non désolé Julie, je parle de télévente, de la vente par téléphone.
- Tim : En thaillande, j'étais PDG, j'ai bien mis 3 mois pour avoir une ligne téléphonique et encore j'ai eu de la chance car j'avais des relations …
- Revenons à nos moutons … rire … vous allez comprendre … Votre première mission sera d'appeler des agriculteurs et des cultivateurs pour leur vendre des abonnements à un hebdomadaire agricole.
- Lulu : mais thierry ? pourquoi tu nous parles de dromadaires ?
- Mon dieu qu'elle est bête ! Je n'ai pas dis dromadaire Lulu, lave toi les oreilles … et le reste en même temps. J'ai dis hebdomadaire, veux dire que ce journal parraît une fois par semaine. Vous allez devoir vous familiariser avec un minimum de vocabulaire. Quelqu'un sait-il ce qu'est qu'un bovin ?
- Momo : ça a un rapport avec José Bové ?
- …. Non pas du tout … personne n'a une meilleure idée ?
- Tim : il me semble que ce terme a un rapport avec les vaches ?
- Bien on avance, en effet c'est … si je vous parle d'ovin cela vous parle ?
- Julie : alors là, je ne vois pas de rapport entre une ferme et des ovnis !
La guerre à Momo :
La scène se passe dans une coure de récré des gamins cherche un jeu pour se défouler :
- Et si on jouait à la guerre ?
- Moi, dit Axel je suis le président Douche !
- Et moi dit Félix, le président Tony Glaire !
- Lamine lève le doigt et demande : Je peux être Chirac ?
- Ben non tu ne peux pas, t'es noir ! réponds innocemment Félix.
- C'est pas grave, on a plus personne pour jouer à la guerre dis Axel, tu sera Chirac ! Il nous manque Sadam ..
Tous les trois pointe leur regard sur Médi qui joue avec les filles.
- Médi ! tu veux être Sadam ?
- La dame de qui ? réponds Médi l'air étonné qu'on s'intéresse à lui.
- Mais non Sadam Houcine l'arabe, le méchant président de 'Lirac' . On joue à la guerre et on veux un Sadam.
- Mais Sadam n'est pas méchant il a montré toutes ses armes
- Douche : oui mais on va t'envahir et te faire la guerre.
- Médi Sadam : mais pourquoi ?
- Felix Glaire : Parce que Douche a dit qu'il fallait le faire
- Axel Douche : Tu es vieux maintenant, tu dois passer ton tour.
- Lamine Chirac : Je ne veux pas que vous lui fassiez la guerre sinon vous irez tous chez le véto !
- Médi Sadam : Merci Lamine, heu …Chirac mais je peux régler ça tout seul
- Axel Douche : Mais c'est pas marrant, on avait dit qu'on ferait la guerre. Et on parle, on parle, on parle …la récré se termine dans 2 minutes.
- Felix Glaire demande à Douche : On pourrait lui faire la guerre tous les deux ?
- Axel Douche se gratant la tête : oui on pourrait, on a besoin de personne !
- Lamine Chirac : et vous faites quoi des doigts de l'homme ?
… l'institutrice se lève, c'est la fin de la récré.
Momo l'acteur :
Saviez-vous que tous les samedis matins, il y a, dans toute la France, un spectacle comique qui dure un quart d'heure? Quand on m'en a parlé, je me suis dit que c'était de l'intox, et pourtant... Je me suis donc rendu samedi dernier à 7h45 (il y a un minimum de sacrifice à faire) à la Poste de mon quartier. J'ai tout de suite compris que j'avais déjà loupé quelques scènes. Devant le grillage déjà, tous les personnages étaient déjà en représentation. Sans vraiment se parler, ils faisaient plus ou moins la queue. Je m'avançais tout doucement vers ce café théâtre improvisé. Tous toisèrent un arabe mal rasé et en short. J'avais beau sourire à tout le monde, un vent de malaise souffla sur ces acteurs d'un quart d'heure. Je sentis les femmes se rapprocher de leur sac à mains et les hommes m'envoyer des regards mauvais. En première position, juste à l'entrée, une jeune antillaise en jogging claquettes regardait de temps en temps en arrière pour ne pas se faire doubler. Juste derrière, une femme d'une quarantaine d'années avec autant d'humour qu'un flacon d'huile de morue regardait droit devant elle sans broncher. Puis enfin, une dame d'un certain âge surveillant le moindre geste et la moindre embrouille. Il s'agit donc du tiercé gagnant de la dizaine de personnes qui faisait la queue ce matin là. Je m'installais juste derrière en faisant semblant d'attendre l'ouverture. Je sentais que la pression montait doucement mais sûrement à chaque nouvel arrivant. Un silence diplomatique régnait au point que je faillis finir ma nuit. Heureusement, un nouveau personnage entra en scène. Jeune, chauve, avec une tête de vainqueur, il avait le profil pour créer une rébellion. Avec un naturel que seuls ont les jeunes, il campa en deuxième place juste devant " Tatie Danielle".
- Tatie : monsieur excusez-moi, vous n'avez tout de même pas l'intention de passer avant moi j'espère ?
- (sur un ton mystique) Nous n'avons qu'une seule place madame. Elle est au ciel.
- Musclor (7eme position) : C'est là où tu vas aller si tu continues à ne pas vouloir faire la queue.
- Oh pardon monsieur, mais seriez-vous en train de me menacer ? La liberté de circuler ça vous parle ?
- Mongola : la rue est à tout le monde ... (regard hautain) ... enfin ça dépend du monde !
- C'est à moi que tu parles vieille morue ? Va compter tes biquettes!
- Musclor : T'es aveugle ou suicidaire ?
- Je me fous de vos menaces. La queue c'est à l'intérieur pas à l'extérieur.
- Tatie (brandissant sa canne) : Vous ne passerez pas devant moi! Devant qui vous voudrez, mais pas devant moi !
- Momo : Si vrai quesqu'elle a dit la vielle dame. Si pas bien quis qui ti fais monsieur.
- Tatie : Ha enfin un homme de bon sens ..
- Toi la vieille ta gueule ou j'te fais piquer ... et puis je vous emmerde tous bande d'abrutis ... si vous voulez faire la queue comme des cons c'est votre problème, pas le mien !
Tous se regardent et essaient de deviner de qui il veut parler. Le rideau se lève. La course commence et les engueulades s'évanouissent à mesure qu'ils arrivent aux guichets.

Momo dans la farine :
Je ne sais pas si c'est mon éducation à l'huile d'olive ou autre chose, mais il m'est devenu quasiment impossible de dire non. Je ne compte plus les situations insolubles qui auraient pu m'être évitées en un mot de trois lettres si difficile à prononcer. Quand je me retrouve seul, je me rends compte qu'au final mon attitude relève de la faiblesse et je m'en veux. Pour me consoler je me dis que c'est aussi peut-être pour ne pas décevoir les autres. J'ai une réelle confiance en eux. J'ai du mal à reconnaître (sauf si je me retrouve devant le fait accompli) que l'on puisse profiter de moi ou de quiconque. Je finis par comprendre que beaucoup de parisiens soient aussi désagréables. Ils endossent une sorte de carapace de survie. Mais que dois-je faire pour que l'on arrête de penser à moi seulement en cas de coup dur? Je ne compte plus les 'amis' qui ne m'appellent que deux fois dans l'année dont une pour leur déménagement ou une panne sur l'autoroute… Le pire c'est que lorsqu'il m'arrive un pépin, il n'y a qu'un seul ami sur lequel je puisse compter et à qui je n'ai pas 'honte' de demander quoique ce soit. Je retrouve si rarement mon comportement chez autrui que parfois j'ai le sentiment de faire parti des vestiges du Titanic. Pourtant je n'ai besoin que de quelques brins de franchise, d'amitié et de respect sincère.
Momo et la théorie des cons :
J'ai le sentiment qu'un grand nombre d'idées reçues sur les cons sont fausses. La première d'entre elles est que leur nombre s'est stabilisé ces dernières années. Un rapport d'une association spécialisée dans ce domaine démontre le contraire. Il y aurait même, selon les régions, deux à trois fois plus de cons.
Deux données importantes sont à retenir : la première, c'est que les mois de juillet et d'août sont les mois où il y a le plus de cons en France; la seconde, c'est que le lieu de prédilection du con de base est à 86% sa voiture. Des tests scientifiques ont même prouvé une dégénérescence de 97% du cerveau dès la prise du volant et ce, tout le temps du trajet. Vous comprendrez mieux qu'avec 3%, le moindre regard se transforme en agression, la moindre phrase en injure et la maladresse de conduite en attentat criminel. Quand il vous braille dessus, un maigre 0,5% de son cerveau alimente ce dont il vous parle. Pour obtenir tous ces résultats, un classement a été réalisé et analysé. Il en résulte trois familles de cons et des milliers de variantes au sein de chacune d'elle.
Il y a la famille du "con du dimanche", ce con là en général n'est pas dangereux car sa connerie ne dure qu'une journée (ce qui est déjà pas mal). Comme il est plus facile d'être con que d'en avoir l'air, ce qui le caractéristique est qu'il ne comprends pas des choses très simples.
Il y a la famille du "con occasionnel" .. Là, on monte dans la hiérarchie de la connerie humaine. Il ne s'en doute pas, mais il est con presque toute la semaine. Beaucoup de blagues relatent ses exploits, on l'appelle souvent toto. Il n'est pas méchant, mais il faut être courageux pour se le farcir.
Et enfin la famille du "con incurable" qui est presque un cas clinique. Il est convaincu que ce sont les autres qui sont cons. Il travestie inconsciement la vérité à son avantage. Ce cas de la nature est assez rare, heureusement pour nous. Cependant, leur nombre augmente de façon inquiètante chaque année. Statistiquement, nous en connaissons tous un ou deux selon que nous ayons de la chance ou pas. Pour le reconnaître, il suffit de l'écouter parler. Il est capable de se contredire en une seule phrase et ne se démonte pas. Il parle toujours de lui sans ce soucier des autres. A l'entendre, rien n'a d'importance et il ne faudrait pas interpréter ses propos au premier degrés (déjà que lui-même a du mal à suivre ce qu'il dit). Dans la série "X-files" la vérité est ailleurs, chez lui, c'est l'intelligence et le tact.
Comme vous, je n'ai pas l'impression d'appartenir à aucune des trois catégories, mais le manque d'objectivité est l'un des symptômes de ce terrible fléau. Je suis donc forcément le con de quelqu'un ... reste à savoir qui ?
T'as le look Momo :
- Bonjour Momo. Je viens te voir de la part de la direction.
- Tiens ! Bonjour Thierry, entre, je t'en prie. Pourquoi ce ton protocolaire ?
- (sur un ton sec) Tu fais erreur, ce n'est pas Thierry qui te parle, c'est ton Directeur des Ressources Humaines.
- Ha d'accord ... tu penses qu'il y a assez de place pour vous deux dans mon petit bureau?
- Arrête .. je suis sérieux, je reviens d'une réunion de 2 heures avec notre PDG. Nous avons parlé de toi.
- De moi ? Pendant 2 heures ?
- Ne le prends pas mal, mais tu vas recevoir un avertissement.
- Carrément ... et pour quel motif Monsieur le Directeur des Ressources Humaines?
- Disons que ton look ne colle pas avec celui de la maison.
- Dis tout de suite que je m'habille comme un plouk. Qu'est ce qu'il a mon look ? T'aimes pas ma djellaba ni mes babouches ?
- Si je les aime bien ... mais en vacances ... ou à la maison ... mais pas au boulot Momo !
- T'es dur quand même ... je souffre de la chaleur ici. Je t'offre un p'tit thé ? Tu m'as l'air un peu tendu en ce moment.
- Tu trouves ? (l'air inquiet)
- Assieds-toi .. je t'en prie !
- Merci
- Tu as des soucis dont tu souhaites me parler ? Comment vont tes enfants ?
- Ça va merci, mais non je t'assure je n'ai rien de grave!
- Tu n'as pas dis que tu allais bien, tu as dis je n'ai rien de grave ... ce lapsus est révélateur ... tu veux un loukoum mon fils ?
- ... ( il se reprend) ... Tu as beau être le toubib de cete boîte, tu n'es pas psy! Et puis je ne suis pas ton fils ... écoute ... j'étais venu pour te mettre en garde.
- C'est fait non ? Puisque tu en parles .. je risque quoi ?
- Un deuxième avertissement.
- Et après ?
- Un blâme.
- Et ensuite ?
- Au bout de trois blâmes c'est une réprimande .. Au bout de cinq réprimandes c'est la porte après étude du dossier.
- C'est beau la vie de fonctionnaire, tu ne trouves pas? Soyons sérieux, si j'ai bien compris, je suis victime de discrimination babouchesque ?
- On peut le dire ainsi oui. Tu recevras un courrier en ce sens.
- Et si je changeais de modèle? J'ai une belle paire que je garde pour les grandes occasions!
- Je ne crois que cela soit une question de modèle.
- Tu dis ça, mais tu n'as jamais vu mon modèle mille et une nuit..
- Je ne comprends pas ton attitude ... pourtant tu es médecin ici ..
- Si tu veux je t'offre un loukoum et on oublie cette histoire!
- C'est de la corruption? Jamais !
- Tout de suite les grands mots. Ce n'est rien de plus qu'un cadeau .. t'as pas envie d'un loukoum ?
- Non. ... Quel parfum ?
- Fleur d'oranger.
- ... Bon d'accord pour le loukoum mais tu comprends bien que je suis dans une situation délicate ?
- Je comprends. Juste une question. Qu'adviendra-t-il si je décidais de faire grève pour discrimination?
- Tu ne ferais pas ça ! (l'air inquiet).
- Qui m'en empêcherait ?
- Et le serment d'hypocrite ?
- D'hypocrate ...pas hypocrite ..
- Excuse-moi mais je ne vois pas trop la différence. Tu ne me ferais pas ça tout de même ! (il devient rouge, se lève en s'approchant de Momo).
- Qui m'en empêcherait (il se lève aussi pour l'éviter) ?
- (profitant de la place qui vient de se libérer, s'assied à la place de Momo) ... T'as des problèmes en ce moment ? Comment vont les enfants ?
- Momo s'assied à la place Thierry... Non, je n'en ai pas vraiment (sur un ton inquiet)
- Tu veux un loukoum mon fils ?
- Arrête, je ne suis pas ton fils !
- (Rire) Tu ne veux pas que je t'appelle ma soeur !
- Et puis ton loukoum, c'est de l'entrave au droit de grève.
- Tout de suite les grands mots ! Ce n'est rien de plus qu'un cadeau.
- Tu sais bien que je ne mange pas de ce pain là !
- Quel parfum ?
- (haussement d'épaules) ...Fleur d'oranger comme toi !

De drôles de retrouvailles :
- Bonjour Momo tu me reconnais ?
- Non pas vraiment …
- Yaatik begla (imbécile va !) je suis madame Serfati, la voisine du beau-frère de ta tante qui a accompagnée l'amie de ta sœur au mariage du cousin de Saïda !
- ….. (septique)
- La mère de Fortuné !
- Ha oui ….
- D'ailleurs, notre rencontre n'est pas due au hasard … Fortuné m'envoie, elle te passe le bonjour !
- Ha oui …. (sur un air moins emballé) … Fortuné … ça fait bien un an que je ne l'ai pas revue … il me semble que c'était à une soirée ou elle nous avait cuisiné des petits fours … elle n'était quasiment pas sortie de la cuisine la pauvre … comment va-t-elle ?
- Ça va, ça va … Je peux passer voir tes parents ?
- Quand vous voudrez, passez ce soir si vous voulez. Mais pourquoi voulez-vous les voir ?
- Aïe ya ya … Tu n'as pas une petite idée ?
- Non … je devrais ?
- Et un petit bout de chou de 4,5 kilos barkala … ça te dis rien ?
- Mais de quoi parlez-vous?
- Du bébé de Fortuné ..
- Ha Fortuné a un bébé ?… Mabrouk (félicitations) … … Fortuné a réussi à trouver un mari. Remarquez, tout est possible de nos jours. Qui est le fou ?…… l'heureux élu ?
- … Toi !
- … (abasourdi par la nouvelle) … Comment ça moi ? …
- Mais pourquoi tu deviens blanc comme du couscous sans sauce ? C'est pas grave au contraire , je t'apprécie beaucoup.
- Mais ça fait bien un an que je n'ai vu Fortuné.
- Elle a fait une grossesse spéciale … c'est nouveau ça vient de sortir…t'es pas au courant ?
- Non par vraiment …
- Une semaine t'es enceinte … l'autre semaine … tu te reposes … ça peut durer 18 mois…
- Ils en font des progrès….Non mais qu'est-ce que je raconte … je ne suis pas le père !
- Tu sais je vais finir par croire que tu ne nous aime pas … moi et ma fille …
- C'est pas ça … (le téléphone sonne) … Excusez-moi !
- ….
- Bonjour Fortuné … Comment ? Que je demande à ta mère qu'elle arrête de terroriser tes amis ? Je suis le cinquième cette semaine. Que je lui dise que si elle continue tu vas devenir lesbienne...
- Mais ma fille, t'as 34 ans … la seule solution qu'il te reste pour trouver un mari c'est de lui faire peur !

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La partie de cartes :
David, Yan, Mamadou et Momo font une partie de rami tunisien.
- David : Dis Momo, t'as besoin d'un boulier ?
- Momo : Arrête ! Je me concentre.
- C'est pas les soldes en ce moment ?
- Quel rapport ?
- J'ai vu des cerveaux en promo si tu veux … (clin d'œil à Mamadou)
- Mamadou : Momo, tu descends ?
- Momo : Et pour quoi faire ?
- Ça fait 10 minutes qu'on attend !
- C'est que je ne veux pas vous jeter n'importe quelle carte.
- Yan : On avait compris.
- Momo : Je trouve que notre pari est trop dur. Je n'ai vraiment pas envie de perdre.
- Mamadou : Pourtant, ce n'est pas grand chose.
- Tu trouves ? Ecouter en boucle, pendant 2 heures, Enrico Macias chanter laï laï laï … tu n'appelles pas ça de la torture ? Yan ! Explique-lui à ce bhïïm* (âne)!
- Yan à Mamadou : Disons que pour nous, Enrico à fait danser nos grands-parents, nos parents, et qu'il est toujours là … on l'aime, mais au bout d'un moment … c'est un peu comme le couscous … tu comprends ?
- Mamadou : non, pas vraiment, j'aime Enrico et le couscous …
- Momo à Yan : Voilà t'es content ? Maintenant c'est toi le bhïïm!
- David : Vous m'avez usé ! Momo, tu nous la ponds cette carte ?
- Mamadou : A propos, il paraît que c'est l'œuf qui est arrivé avant la poule, j'ai entendu ça à la radio !
- Momo : Il est ouf celui là ! Comment veux-tu qu'il y ait un œuf sans personne pour le pondre ?
- Mamadou : C'est ce qu'ils ont dit.
- Tu gobes ça sans broncher ? Ça ne te choque pas ?
- Yan : Qui gobe un œuf …
- …
- Mamadou : Il faut bien une explication à certaines choses. Je m'en contente.
- Si je t'affirme que Yan passe toutes ses soirées à se travestir juste parce que c'est son kif et qu'il adore mettre des strings même pendant la journée … tu me croirais ?
- Oui …
- Pourquoi ?
- Vu comment il se sape ça ne m'étonnerait pas !
- Yan : Mais ..
- Momo : Tu ne prendrais pas la peine de demander à Yan ?
- David : Arrêtez de vous en prendre à Yan … le pauvre … Yan, je peux te poser une question
- Yan : Oui.
- David : Quelle couleur le string ?
Laï Laï Laï la …
L'horrible Casimomo :
- Momo : Bonjour Monsieur.
- Le libraire : Bonjour, ça fera 80 centimes s'il vous plaît.
Momo lui tend la somme et lui fait un signe de la tête voulant dire merci.
- Le libraire ajoute : Merci monsieur et shabat shalom!
- Pardon? Pourquoi me dites-vous cela?
- Nous sommes vendredi monsieur... (doute) ... Vous êtes juif ?
(à la manière d'Elie Kakou).
- Non pas du tout.
- Pourquoi dites-vous "pas du tout" sur ce ton? Ce n'est pas une maladie à ce que je sache!
- Pardon mais je réalise soudainement que cela fait 10 ans que je suis client chez vous et que cela fait donc 10 ans que vous me prenez pour ce que je ne suis pas. Je me trompe?
- C'est vrai .. enfin je veux dire non, vous avez raison.
- Mais cela n'a aucune espèce d'importance, n'est-ce pas ? (Momo le fixe droit dans les yeux).
- Evidemment! Mais vous n'avez pas du tout la tête d'un ...
- D'un quoi ?
- ... Justement c'est la question que je me pose... vous êtes Grec c'est ça?
- Pas du tout!
(gêne)
- Momo reprend : Finalement, il me semble que cela vous travaille encore!
- Pas du tout!
...
- Le libraire : Vous êtes Italien ?
- ... (Grrr) Ma grand-mère est juive, mon grand-père catho, ma mère protestante et mon père musulman ... ça vous va?
Les yeux tout rouges, complètement absent comme s'il venait de quitter son propre cerveau ... il balbutia :
- Mais c'est affreux !
- Quoi donc?
- D'être un peu de tout sans n'être rien de précis.
- Question d'habitude.
- Vous avez une religion ? Quel Dieu avez-vous choisi?
- Mon Dieu à moi c'est un peu le mélange de toutes ces religions.
- Mais c'est impossible, vous ne pouvez pas, c'est blasphématoire!
- Et pourquoi ?
- Dans la vie, il est bon d'avoir des bases. Il vous faut faire un choix.
- Excusez mon indiscrétion, mais vous avez l'accent de la Goulette* (quartier du bord de mer tunisien), vous êtes juif tunisien vous!
- Tout à fait.
- Vous avez donc la double nationalité?
- Oui.
- Vous sentez vous plus Tunisien ou Français?

Momo la folle :
A la terrasse d'un café Rénato reconnaît Momo et s'installe auprès de lui :
- Oh la la Momo, si tu savais ce qui m'arrive!
- Calme-toi Rénato ... assieds-toi .. tu veux boire quelque chose?
- Un thé au lait et des biscottes merci.
- Alors raconte-moi tout!
- Savais-tu que Carl était ...
- ... quoi ?
- Un homosex ...
- ...sexuel? (Rire) Oui et alors?
Le thé et les biscottes arrivent.
- Comment me trouves-tu physiquement?
- Comme homme ou comme femme ?
Renato perplexe étale soigneusement la confiture sur sa biscotte et s'arrête.
- Quelle question bizarre? Je suis une femme emprisonnée dans un corps d'homme. Depuis le temps, tu ne l'avais pas remarqué?
- En te voyant toujours habillé en femme et pour ne pas te blesser, je n'ai jamais osé t'en parler. J'aime ta compagnie. Le reste n'a aucune importance.
- Tu ne vaux alors, pas mieux que Carl!
Rénato reprend sa biscotte et sa confiture.
- Excuse-moi ... Renata (clin d'oeil complice) ...
- (Petit sourire) ... Tu sais Momo, je me fais vieille, ce matin j'ai trouvé mon premier cheveu blanc ... c'est le début de la fin.
- Mais tout le monde vieillit ... même toi!
Explosion de biscotte et grand cri.
- Ho ... NON NON NON... ce n'est pas possible Momo! Je ne peux pas vieillir, je n'ai pas le temps!
- Fait attention, tu as tâché le chemisier que tu aimes tant !
- Laisse moi me noyer dans mon thé Momo! Je n'en peux plus ... Oh non ...
Il se lève et crie :
"Un homme" ... (se reprend) ... "Une femme à la mer!"... Tuuut Tuuuttt (imitant le siflet d'un paquebot) et retombant sur sa chaise...épuisé.
- Carl me veut Momo!
- Tu vois! Tu peux encore plaire ... mais tu n'as pas l'air enchanté quel est le problème?
- Tu as déjà vu une femme sortir avec un homo ... Momo ?
Momo à la "plage" : :
Une fois qu'ils sont arrivés aux falaises d'Etretat, Loïc demande à Momo :
- Alors? Je ne t'avais pas promis la mer? Regarde comme c'est beau!
- Tu sais bien que j'ai déjà vu la mer "ya bhïïm" (âne), mais je ne comprends pas ... j'aperçois l'océan, la côte... mais aucune plage à l'horizon.
- Tu le fais exprès ou quoi et ça! C'est quoi ?
Il pointe du doigt le bord de mer.
- Je vois bien les falaises, les rochers, mais pas de sable.
- Qui te parle de sable? C'est une plage de galets!
Rires nerveux de Momo, Loïc reprend :
- Je t'assure que c'est une plage. Pour le moment il n'y a personne car il fait un peu frais, mais d'habitude, il y a du monde.
- Tu ne vas pas me faire croire qu'il y a des gens assez dingues pour se baigner sur ce tas de cailloux quand même!
- Ce ne sont que des "cailloux" Coco ... heu Momo ... mais ce sont les nôtres! Nous y sommes même attachés.
- Tu déconnes ... hein ?
- Non!
- Mais vous vous êtes fait arnaquer par le Maire. Je vais écrire à "Sans aucun doute"! Et puis l'eau est à combien de degrés?
- 25 degrés.
- 25? Mais vous êtes barges! Je vais attraper la "bounetata" (grosse grippe tunisienne) avec vos conneries!
Rires de Loïc.
- Pour te baigner, il faut même faire attention aux horaires des marées.
- Tu veux dire que votre mer a des horaires d'ouverture et de fermeture?
- C'est un peu ça! Par exemple si tu te baignes pendant la marée basse, la mer s'éloigne de plus en plus du bord de la plage. Tu dois marcher de plus en plus loin ...
- Pour prendre ton bain de glaçons? Dis-moi, y-a-t-il une piscine dans le coin?
My name is Jean ... Jean-Momo :
Momo est au restaurant avec Moustafa et sa femme Céline.
- Momo à Céline : En ce moment, à chaque fois que j'appelle ma mère, elle me case systématiquement un petit : " Alors ? C'est pour quand le bébé ? "
(Moustafa se marre tout seul dans son coin.)
- Ne te cache pas, je te vois rire comme une baleine Mousse. Elle ne te dit rien à toi ta mère ?
- Penses-tu ! Elle m'en parle à chaque fois que je l'appelle ... tu la connais.
- (pensif) Ha Les parents ! On est content de les avoir, mais c'est du boulot !
- Céline : Surtout que la mère de Mousse a de très bonnes raisons d'interroger son fils ... ça doit être l'intuition féminine.
- Momo : Tu veux dire que ... ?
- Mousse : Oui Céline est enceinte d'un mois et demi et tu es le seul à le savoir maintenant.
- Momo : Merci de votre confiance. Tu ne l'as pas encore dit à ta mère ?
- Mousse : Elle m'appelle déjà deux fois par jour, en ayant un léger doute. T'imagine si elle le savait ? Elle appellerait 10 fois... ou pire .. elle viendrait nous rendre visite !
- T'es dur, c'est ta mère !
- Tu verras .... tu verras !
- Céline : En tous les cas il faudra bien lui dire un jour.
- Mousse : Attendons encore un mois ou deux.
- Momo : Vous avez choisi un nom ?
- Hou la la! la question qui fâche ! T'es pire que ma mère toi !
- Céline : On en parle depuis deux semaines et on s'est même disputés à ce sujet !
- Momo : Désolé je ne voulais pas ...
- Mousse : Relax Momo, Céline voulait un nom français genre Jean-Marc, Jean-Christophe …
- Momo : Tu en parles comme si c'était un garçon, c'est le cas ?
- On n'a pas vraiment envie de le savoir, c'est juste un exemple. Sais-tu que ma mère s'appelle Fathoua, mon père Mahmoud ?
- Oui.
- Franchement Momo? Tu me vois arrivé la bouche en coeur en leur disant qu'ils vont avoir un petit-fils qui va s'appeler Jean-Marc? J'imagine sans peine mon père essayant inconsciemment "d'arabiser" le prénom qu'il vient d'entendre ... "Djan Mirk" ..."Djhen Mahr".... Le pauvre!
- (Rire) ... Je comprends ton problème ... Jean-Marc Bourkawa ça fait carrément XFILES.
- Céline : moi je ne trouve pas ! C'est même assez joli.
- Momo : A ce stade ce n'est plus joli ... c'est exotique !
- Mousse : Pour toi, c'est quoi un nom "pas trop arabe" ? Sur le moment, quand Céline m'a posé la question je n'ai pas réagi mais après y avoir réfléchi ..
- C'est vrai que ce n'est pas ton fort !(rire)
- Je me suis demandé ce que voulait vraiment dire Céline en me posant cette question. Figure toi qu'à un moment, j'ai même cru qu'elle avait honte d'être avec moi.
- Céline : N'importe quoi celui-là !
- Mousse : Tu dis ça maintenant car nous avons mis les choses à plat, mais au début ... rappelle-toi ... c'était pas gagné.
- C'est une discussion importante non ? Je n'allais pas te laisser lui donner un nom qu'on lui fasse répéter dix fois.
- Momo : Finalement, qu'avez-vous décidé?
- Céline : On a coupé la poire en deux, chacun de nous en a choisi la moitié d'un prénom composé. Si c'est un garçon, j'ai choisi Jean-François.
- Mais ça fait deux ça ?
- Vraiment ? (clin d'oeil) Je n'avais pas fais attention ! Mousse a choisi le prénom Kamel.
- Vous êtes en train de me dire que votre fils va s'appeler Jean-François-Kamel ?
- Oui
(grosse rigolade de Momo ... qui, devant le sérieux de ses amis se calme et s'excuse)
- Mais avec un nom pareil, on va lui jeter des pierres à votre môme !
- Céline : Momo, réfléchis un peu!
- Mousse : Chérie ! parle moins vite ... ça va finir par griller là-haut ! Hein Momo ?
(sourire de Momo)
- Céline : Ce qui est important n'est pas le nom, mais ce que tu en fais. En 97 Zinédine ça faisait bizarre voir louche. Maintenant, j'ai un voisin d'origine Savoyard qui a appelé son fils : zinedine ... Tu te rends compte ?
- Ça n'enlève rien au fait que c'est un drôle de prénom. Cependant, je dois admettre qu'on finit par s'y habituer. La seule chose de vraiment bizarre sont ces initiales : JFK.
- Mousse : Justement ! C'est mieux que Jean-Brahim ... ça aurait fait JB !
Souviens-toi Momo : :
- Tu sais Momo, ça fait bien trente ans que je ne suis pas venu à Paris et je ne reconnais plus grand chose.
- Vraiment grand-père? Quoi par exemple?
- A l'époque ou tu n'étais pas encore né, j'habitais rue de Flandre dans le 19eme arrondissement,vers le métro Stalingrad.
- Je l'ignorais. Pendant combien de temps y avez-vous vécu?
- Six années, si mes souvenirs sont bons. Mais maintenant la rue de Flandre est devenue "l'avenue" de Flandre. Tu vois, tout augmente. A ce sujet, la vie est horriblement cher ici. comment t'en sors-tu "ya ouildi" (mon fils)?
- Comme tout le monde ... difficilement. Mais dans l'ensemble, je n'ai pas à me plaindre.
- Tu te rappelles du film "Pour cent balles t'as plus rien"?
- Oui .. j'avais adoré ce film avec Jugnot et Auteuil.
- Maintenant pour cent balles t'as vraiment plus rien puisque vous êtes passé à l'euro!
(sourire de Momo) il reprend :
- Et puis, je trouve que les gens courent plus vite qu'avant!
- Je ne voudrais pas te vexer "baba" (grand-père), mais c'est peut-être toi qui as ralenti depuis.
- Peut-être .. peut-être ..Mais je finis toujours par arriver. C'est l'essentiel. Te rends-tu compte du nombre de machines que vous avez à Paris? Pour quelqu'un comme moi (venant tout droit d'un bled perdu de la cambrousse tunisienne), ce n'est pas facile. Je t'avais raconté ce qui m'est arrivé le jour où j'ai repris le métro pour la première fois?
- Non.
- Je n'avais pas fait cent mètres qu'une jeune femme m'a couru après. Remarque, ce fut très agréable!
(clin d'oeil appuyé)
- Que veux-tu, c'est la grande classe ... Tu as encore beaucoup de succès ...
- C'est gentil, mais pour te dire la vérité, j'avais tout simplement "oublié" de reprendre mon ticket dans cette machine infernale qui trie les voyageurs près des guichets. Pourtant "ya ouildi", je suis resté longtemps à regarder les gens la faire fonctionner avant de passer mon tour.
- Tu vois, il y a toujours des gens serviables, même à notre époque. Je te rassure, j'ai des tas d'amis qui le sont aussi.
- Justement, l'autre jour, j'ai retrouvé un vieil ami. Figure-toi qu'il m'a engueulé. Il m'a dit que j'avais une heure de retard. Un ami de 20 ans qui ne peut attendre 1 heure ça fait réfléchir.
- Il était peut-être en avance à votre rendez-vous?
- Non quand je l'ai appelé je lui ai donné rendez-vous à la Gare dans l'aprés-midi.
- A quelle heure ?
- Dans l'aprés-midi!
- Ha d'accord .. Un rendez-vous à la tunisienne en plein Paris? Tu as de la chance que ton ami t'ai attendu.
- Il a surtout de la chance que je sois resté!
Momo, roi du sport :
Momo et Essoumba se dirigent vers le parc des Buttes-Chaumont.
- Merci de m'accompagner Momo.
- Je t'en prie. Mais je dois être un peu rouillé, ça fait bien deux ans que je n'ai pas fait de sport. De toute façon, on ne va pas se lancer dans un marathon? (d'un air inquiet)
- Non ... j'ai repris le footing la semaine dernière.
- As-tu choisi un parcours ?
- Oui, j'aimerais faire dix tours du lac et dix du parc ... ça te va ?
Silence .. Momo rebrousse chemin.
- Mais où vas-tu Momo?
- Je viens de me rappeler que j'ai reçu un mail hyper important!
- MOMO! Reviens! Il y a pleins de nanas dans ce parc!
Momo, revient alors aussi vite qu'il était parti.
- Dans ces conditions, je veux bien sacrifier mon p'tit corps de poulet à une seule condition : Pourquoi me fais-tu autant de blagues?
Rires d'Essoumba.
- Je te fais marcher et toi, tu cours ... c'est ce que tu voulais non?
Ils entrent en trotinant dans le parc.
- A te voir courir, j'ai l'impression que tu as besoin de quelques conseils de base.
- C'est toi le spécialiste ... je t'écoute!
- Tu dois juste retenir une chose, tant que tu peux parler c'est que tu peux courir.
- Alors tais-toi! Qu'on en finisse!
Momo entame un léger spring invitant Essoumba à lui courir après. A la moitié du premier tour du lac, Essoumba le rattrape et accélère nettement...
- Essoumba! T'as un train à prendre ou quoi ?
- Je m'echauffe, on court à deux à l'heure depuis 10 minutes!
- Tu trouves? Moi je suis à fond là!
- Passe la deuxième, ça ira mieux!
Ne comprenant pas ce qui le pousse à courir comme un "bhïïm" (âne en arabe), Momo laisse Essoumba le devancer au point de le perdre de vue.
Après une longue pause, Momo s'echauffe à nouveau tout en se cachant derrière un arbre, laissant Essoumba passer devant lui sans le voir à cinq reprises. Au sixième passage d'Essouma, Momo s'asperge le front avec le reste de sa bouteille d'eau et rejoint Essoumba d'un air exténué.
- Tu as la forme à ce que je vois. J'ai essayé de te rattraper en vain. On s'arrête un peu?
- Ne te fatigue pas Momo, j'ai compris ton manège!
...
- Tu fais semblant de n'être pas à la hauteur en me laissant passer volontairement devant toi, quelle humilité!
Et c'est alors que Momo esquisse un large sourire en coin d'un air satisfait. A quoi bon contredire Essoumba?
Momo se marie :
- Papa, je voudrais te parler de quelque chose ...
Le père de Momo lève les bras et crie à sa femme :
- Saïda! Viens vite .... Momo va se marier!
Grand fracas d'assiettes dans la cuisine. La mère de Momo accoure et manque de glisser mais se ratrappe de justesse et se rue sur sa progéniture en criant :
- "Ya ouildi" (mon fils) ...
Elle se frappe la poitrine ... commence à pleurer ... et enchaîne :
- Je suis si joyeuse ... si heureuse ... si transportée de bonheur ... si ..
- ça va, ça va je pense qu'on a tous compris Saïda! Laisse mon fils parler!
- Pourquoi c'est toujours ton fils quand il y a de bonnes choses dans la vie et dès qu'il fait des bétises, il redevient mon fils?
- Arrête, tu ne vois pas que tu l'empêches de parler, on ne sait toujours pas avec qui il va se marier.
- Je la connais au moins? Elle aime le couscous ? Elle est musulmane ?
- Pourquoi Saïda? Tu vas l'empêcher de venir nous voir avant même qu'elle ne se présente?
- Pas du tout, mais je ne vais pas acheter du "halouf" (porc) pour lui faire plaisir quand même ? J'ai mon honneur!
- Il n'y a rien de mal à manger du "halouf", il y a des tas de gens bien qui en mangent! Ne sois pas si (il prends le temps de prononcer chaque syllabe) ex...ce..ssi...ve!
... Saïda qui n'a visiblement pas bien compris se retourne vers Momo d'un air songeur.
- Tu vois Momo, dans la vie il faut connaître quelques mots savants que ta femme ne comprend pas ... ça t'offrira entre 10 et 30 secondes de répit!
- Saïda : Dis tout de suite que je suis incultivée...
- Momo : Maman, on dit inculte .. pas incultivée!
- En tous les cas, moi l'ignorante, j'ai réussi à faire un savant comme toi!
- Arrête Momo, elle va s'énerver et l'on ne comprendra plus rien de ce qu'elle raconte. C'est ça que tu veux ? Ta mère handicapée ... (il se retourne vers sa femme) le .. xi ... ca .. le ?
... vingt secondes de silence...
- Saïda : Vos histoires m'ont donné faim .. Momo, dis-moi quand je dois préparer un couscous car j'irai chez le boucher et lui demanderai de dépuceler un mouton pour l'occasion.
Grand éclat de rire général.
Momo : Dépecer le mouton ... pas dépuceler!

Ramadan à la Momo :
Momo revient du sport avec Kamel :
- Dis Momo? C'est quand le Ramadan ?
- Il me semble que c'est la semaine prochaine, mais je ne suis pas très sûr!
- Comment fais-tu pour le savoir?
- C'est Yoan qui me confirme les dates.
- Yoan ? Mais il est Juif !
- Oui mais il est plus pratiquant que moi. Et puis je suis assez au courant de ses fêtes aussi. Tu vois bien qu'à nous deux nous faisons une moyenne. Toi même, tu le critiques mais tu ne connais pas les dates pour autant.
- Non c'est vrai, pour le savoir je vais chez notre boucher musulman. Je lui "pique" un calendrier où tout est indiqué!
- Avec tout le respect que j'ai pour les bouchers ... pourquoi ne vas-tu pas te renseigner à la mosquée ?
- La mosquée? Mais je n'y ai jamais fichu les pieds moi!
- Remarque ... moi non plus!
- Tu vas tenir combien de temps cette année?
- Comme toutes les autres, le maximum.
- C'est-à-dire? Une ou deux semaines? (rire)
- Arrête! Je n'y peux rien si le Ramadan est aussi long. Je n'y arrive pas, je n'y arrive pas!
- Ne te fâche pas, je ne crois pas qu'il s'agisse d'un concours de toute façon!
- Heureux de te l'entendre dire. Et toi? Tu "résistes" combien de temps ?
- Ho moi c'est plus sérieux ... toute ma famille le fait ...
- T'es surveillé? Pas de bol!
- (soupir) Ouais... Enfin je veux dire non ... pas de bol! J'essai de m'organiser pour être malade.
- Ce n'est pas bien! Tu dois être honnête avec ta famille.
- Mais je n'y peux rien si je souffre ....
- De quoi ?
- De faim!
- (Rire) Heureusement que tous les musulmans ne sont pas comme nous. On forme une belle équipe de baltringues!

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